par Kanae Mukai

Au bord de la mer placide, une femme bien vêtue jeta sa couronne. Les vagues la consommèrent avidement comme un plat de festin. La Reine du monde, Aichea la regarda fixement pendant que les griffes de la Mer l'emportaient. Elle soupira, et se tourna vers le Psschymma. Le grand frelon était de la taille d'une voiture. Ses yeux verts scintillaient et le guerrier de la Nature laissait discrètement le Signe d'acceptation de la soumission de la Reine. Le moment était venu. Ses yeux ont tourné au rouge, la couleur de bataille. Il s'envola vers le palais d'Aichea pour le détruire. Sauf elle, tous les officiers gouvernementaux et ses armées y restaient toujours.

Le paysage surnaturel qui entourait la Reine rappelait les guerres mondiales. À l'arrière-plan, les Psychmmas bourdonnaient avec fureur. D'habitude, ils protégeaient le royaume de la Nature de la forme des masses, en rongeant toutes les formes des êtres humains - des bâtiments et même des gens, qui apparaissaient sur leur chemin. La Reine sans abri avait décidé de passer le reste de la vie à vagabonder sur la terre avant la destruction finale de l'humanité. Elle savait que la Nature avait commencé à refaire le monde - les yeux du Pssychmma lui avaient montré un joli jardin. C'était peut-être le royaume de la Nature; elle ne savait pas. Mais elle restait indigne de le trouver. Agée d'à peine vingt-six ans, la jeune Reine avait déjà des rides.

Elle monta dans son hélicoptère et se mit en route pour ce joli jardin. Elle décidait de le nommer "Halychee," un mot qui voulait dire "fleur interdite" dans sa langue. La terre brune des batîments détruits et villes mortes passèrent sous ses yeux. Elle remarqua quelques villes détruites par la guerre 5 ans auparavant d'autres récemment détruites et dévorées par les Pssychmmas. Ces villes étaient entourées d'un grand nuage de couleur rouge. Parmi les squelettes des bâtiments on voyait les silhouettes atroces et gigantesques des Pssychmmas, qui les rongaient avec fureur. Une par une, toutes les villes disparaissaient. "Bizarre," pensait elle. Il y avait presque 30 ans qu'elle n'avait pas vu un arbre près d'un batîment. La plupart de verdure était détruite par la Troisième guerre mondiale et la vie naturelle n'éxistait qu'au bord de la mer. Au loin, pourtant, elle remarqua une région verte et plus vivante qui contrastait brusquement avec la terre brune et couverte du sang et de la déstruction. Plus elle s'en approchait, plus elle remarquait sa beauté. Elle atterrit.

Un fleuve continuait vers la montagne. L'eau y semblait pure, sans contamination. Des fleurs décoraient ses bords de toutes les couleurs, comme un arc-en-ciel. Des papillons se chassaient pendant cette saison des amours. Un lapin sautait à côté d'un ruisseau. Il s'arrêta, et baissa le cou pour boire. "Quelle paix," s'exclama-t-elle avec étonnement. Tout à coup, il s'enfuit. Cette pensée n'a pas duré longtemps. Soudain, elle laissa échapper un cri perçant. Un cadavre couvert de bosses hideuses et grosses comme des pierres restait au fond de l'eau. Il était si décomposé qu'on ne distinguait plus les membres individuels de ce corps mutilé par les défenseurs impitoyables de cet endroit. Elle entendit le bourdonnement des Pssychmmas. En arrivant, l'insecte géant la contempla avec ses yeux verts et doux. Les yeux chuchotait à Aichea et l'enchantait:

Nous avons défendu cet endroit férocement. Halychee, le joli palais de la Nature, est un monde défendu aux hommes. Mais sauf Aichea. Sauf vous...

Aichea frissona. Elle pensait entendre quelque chose qui lui semblait être le soupir d'une ville mourante. Aichea toussa violemment. Elle constata qu'elle commençait déjà à avoir de la difficulité à réspirer. La réspiration devenait si difficile qu'elle était sur le point de s'évanouir. Elle rêvait.

Elle avait vingt ans, pas longtemps après qu'elle avait pris le trône de la Reine. Elle entendait des coups de feu. Elle entendait aussi le bourdonnement intermittent des insectes attrapés et blessés. Un homme avait tiré sur un jeune Pssychmma. Il était déjà mort quand elle s'en approcha. L'homme s'était enfui longtemps avant. Elle regarda les Psychmmas avec plus de pitié que de terreur. C'était sa première rencontre avec eux. Elle décida de les enterrer. Elle se souvenait de l'impossibilité de la difficulté à convaincre les officiers de son Cabinet d'arrêter les attaques aux Pssychmmas et les gens qui tiraient sur eux dès qu'ils apparaissaient.

Aichea mourut tranquillement dans cet Eden, entourée de l'air pur qui l'étouffait graduellement. La dernière chose qu'elle vit avant son dernier soupir fut les yeux verts et doux des Pssychmmas qui l'entouraient avec respect, silencieusement.